Prévenir les dépendances dès la petite enfance ?

Prévenir les dépendances dès la petite enfance ?

Vous vous imaginez en train d’expliquer les dangers des drogues à un petit de 3 ans et vous vous dites que ça n’a pas de sens. Eh bien, vous avez raison ! Les conversations sur les drogues et autres dépendances ne sont pas appropriées à cet âge. Mais il existe différentes actions que vous pouvez poser au quotidien dès le plus jeune âge et qui muscleront leur capacité à faire face aux pièges des dépendances. Voici quelques exemples de ces actions :

1.      Le sentiment d’appartenance chez les Dubois

Chez les Dubois, on profite de chaque occasion pour visiter la famille et les amis : les petits comme les grands jouent à des jeux de société, cuisinent ou font du sport tous ensemble. Les différences sont acceptées, les échanges sont chaleureux et des liens se tissent au fil du temps. Mais s’ils reçoivent beaucoup de ces moments partagés, ce qui nourrit le plus leur sentiment d’appartenance, c’est qu’ils sentent qu’eux aussi, ils apportent leur contribution au bonheur de ceux qui les entourent. 

En grandissant auprès d’un entourage où ils se sentent importants, les enfants de la famille Dubois développent une importante force intérieure et peuvent compter sur un filet de sécurité rassurant. Par conséquent, ils sont moins susceptibles de chercher à combler un vide émotionnel par des comportements addictifs, que ce soit à des substances, aux écrans ou dans des relations amoureuses.

 

2.      La capacité à assumer ses choix chez les Lemieux

Chez les Lemieux, on encourage les enfants à prendre des initiatives et… à apprendre de leurs erreurs ! Par exemple, Lucas adorait les belles fleurs rouges qui poussaient chez un voisin. Maman profita de son anniversaire pour lui en offrir. Elle lui expliqua que puisqu’elles étaient en pot, il devait les arroser chaque jour. Au début, Lucas les arrosa quotidiennement, mais au bout d’un moment, sa maman devait lui rappeler de la faire, jusqu’à ce qu’il néglige de les arroser durant plusieurs jours. Elle aurait bien aimé qu’il fasse attention, et elle était tentée d’insister ou même de le faire elle-même quand Lucas ne l’avait pas fait. Mais elle choisit plutôt de saisir l’occasion de lui enseigner que nos choix ont des conséquences… et que les fleurs meurent lorsqu’on ne les arrose pas.

Au fil des années, ses parents laissèrent parfois Lucas grimper dans un arbre et tomber, ou vivre un échec scolaire parce qu’il n’avait pas étudié. Mais avec le temps, Lucas prit de plus en plus la responsabilité de ses choix, en étant conscient qu’ils pouvaient avoir des conséquences importantes.

3.      La gestion des émotions chez les Fernandez 

 

Chez les Fernandez, on accueille les émotions des enfants et on leur enseigne à les exprimer sainement. Les parents savent que les débordements émotifs sont inévitables chez les petits, et qu’ils ont besoin de pratiquer pour apprendre à bien les gérer. Leur fille Maya est particulièrement dynamique et parfois impulsive, ce qui fait qu’elle peut exploser de colère et lancer des objets quand elle perd à un jeu de société. Plutôt que de la gronder ou d’éviter les situations qui la mettaient en colère, ils lui offrent des occasions de pratiquer. Ainsi, lorsqu’elle est sur le point de s’emporter, ils nomment ses émotions et l’aident à prendre une pause avant d’exploser. 

Avec le temps, les enfants Fernandez ont développé la capacité d’accueillir leurs émotions (pas juste la colère), ainsi que des stratégies pour les exprimer sainement. Ils seront donc moins enclins à utiliser les drogues ou l’alcool comme moyen de gérer leurs émotions, et pourront vivre des relations plus saines avec leurs proches.

 

4.      L’affirmation de soi chez les Petiquay

Chez les Petiquay, il n’est pas question de se laisser marcher sur les pieds ! Les enfants sont respectueux des autres et capables de faire des compromis, mais ils ne se laissent pas influencer et savent dire non. Mais pour Danika, c’est plus difficile… Elle est l’enfant sage qui n’aime pas les conflits, et elle veut toujours être gentille. À l’école, une petite fille s’amuse à faire tomber ses choses de son pupitre et à lui dire des choses qui la blessent. Pour être son amie, Danika accepte de faire les quatre volontés de l'autre enfant, mais c’est de pire en pire ! Un jour, sa grande sœur l’a retrouvée en larmes. Elle a pris le temps de l’écouter, et ensuite, elle lui a dit qu’il fallait qu’elle s’affirme et se défende. Danika ne savait pas comment faire, alors sa sœur l’a fait pratiquer. Ensuite, elle l’a encouragée à s’affirmer avec la petite fille de l’école. Danika avait peur, mais sa sœur lui a dit qu’elle l’observerait de loin et l’aiderait si c’était nécessaire.

Le lendemain, Danika a réussi à s’affirmer d’un ton ferme et assuré. Avec le soutien de sa sœur, elle a pu développer sa capacité à dire non, même quand ça ne plait pas aux autres. Elle a pu utiliser cette importante force pour ne pas céder à la pression des amis pour consommer ou pour se faire respecter dans ses relations amoureuses !

 

5.      Il arrive qu’on s’ennuie chez les Blacksmith

Chez les Blacksmith, les enfants ont une imagination débordante ! Comme dans toutes les familles, les écrans font évidemment partie de leur vie, mais leurs parents les encouragent à trouver d’autres façons de se divertir. Ils passent donc beaucoup de temps dehors, ils se chamaillent dans le salon et peuvent même faire tout un bazar en bricolant les décors d’une pièce de théâtre ! Mais il arrive quand même qu’ils s’ennuient et ne sachent plus quoi faire. Ils se mettent alors à tourner en rond, à se plaindre et à réclamer les écrans. Leurs parents savent que c’est normal qu’ils soient attirés vers un moment de plaisir facile. Mais ils tiennent leur bout et refusent de céder, parce qu’ils savent aussi qu’il est normal et même souhaitable de s’ennuyer à l’occasion. Et au bout d’un certain temps, ils entendent leurs enfants se remettre à rire et à jouer !

La famille Blacksmith offre à leurs enfants, de belles occasions d’apprendre que l’inconfort de l’ennui est passager et de développer des stratégies variées pour avoir du plaisir. Ces apprentissages diminuent le besoin de rechercher des gratifications externes en adoptant des comportements addictifs.

À travers ces cinq exemples, nous voyons comment les parents peuvent jouer un rôle crucial dans le développement d’habiletés qui permettront aux enfants devenus grands d’éviter bien des pièges liés aux dépendances. Et si jamais ils se laissent tout de même influencer, ils auront développé des qualités essentielles pour que les conséquences soient beaucoup moins importantes. Vous aurez peut-être parfois l’impression qu’ils ont oublié tout ce que vous leur avez transmis, mais gardez confiance : les qualités et les forces qu’ils auront développées referont surface tôt ou tard !

Manon Gauthier

Éducatrice spécialisée et coach familial certifié couvrant la région de la Mauricie. Elle intervient auprès des enfants de 0-25 ans. Membre du Réseau Nanny secours depuis 2013.

Manon Gauthier
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